Extra : RemyShow en première partie de Los Purinos .. Ajouter à mon profil | Plus de Vidéos
Salut !
J'm'appelle Lionel,
Patron de restaurant, bar :
Cuisiner, serveur, barman, femme de ménage, comptable, etc :)
Enfin joueur de fléchette, membre du club des fondus de casanis, joueur de guitare, chanteur !
LE MICROCOSME DES FLECHETTES
Silence on joue
Haut lieu de luttes fratricides, terrains propices aux règlements de comptes et aux combats homériques ou théâtres d’échauffourées épiques, tel sont les endroits secrets fréquentés par les initiés d’un jeu anglo-saxon aux coutumes ancestrales et aux règles obscures. Batailles ou escarmouches s’y déroulent, traquenards et embuscades y sont tendus pour y perdre l’ennemi du jour ou de toujours lorsque parfois la ranc,,ur s’en mêle et vous tenaille.
Laissez-moi vous emmener dans un endroit discret, toujours difficile à trouver, rarement indiqué, loin de la circulation, des bouchons et du tumulte de la ville.
Un endroit où le silence est de rigueur, la pensée profonde, l’analyse rigoureuse et les revendications cartésiennes.
Un lieu où le calcul est admis voir obligatoire, où la combinaison est reine, la concentration maximale et le calme pesant. Un de ces coins où l’indolence côtoie l’ennui, où le silence est d’or et la concentration maximale.
Evidemment, dans cet endroit, le rire aux éclats est prohibé, les conversations réprimandées et les récidivistes sévèrement tancés. Le silence que certains imposent peut être troublé de temps à autre par quelques trublions même pas revendicatifs, qui sont aussitôt ramenés à la raison. Ceux là sont vite rappelés à l’ordre par quelques gendarmes autoproclamés, cerbères de la bonne conduite, gardiens du bon comportement, de la quiétude vitale et détenteur de revendications souvent obsolètes.
Suivez-moi……….Poussons la porte et pénétrons ensemble dans ce lieu si particulier, mythique pour certains, rébarbatif pour d’autres et incompréhensible pour la plupart d’entre nous.
Ce qui nous frappe en premier, c’est l’ambiance pesante qui y règne. On sent tout de suite que la gaîté et la joie n’ont pas pu venir. L’endroit est austère, l’alcool interdit et la musique à peine audible……..c’est vous dire si ça rigole ! Il y en a pourtant qui tenteront de vous persuader qu’il s’agit d’un jeu et qu’il est important d’y prendre du plaisir………. Ce qui surprend ensuite c’est le nombre de cibles et leur alignement. C’est déroutant de prime abord mais l’on en comprend la nécessité dès le début des jeux. Face à chacune d’elles les joueurs se succèdent, le tout dans un calme propice à l’indolence interrompu seulement par quelques borborygmes de victoire rapidement étouffés par les regards noirs des quelques gardiens du temple. La bataille est souvent âpre et la lutte sans merci mais sitôt le duel terminé, la bien-séance doit reprendre sa place au mépris des ranc,,urs et des mauvaises humeurs, l’adversité cachée par un égo forcément atone, et la fierté ravalée d’un verre réconciliateur offert par la mansuétude d’un vainqueur souvent rigolard au regard de votre piètre prestation.
La loi du talion n’ayant pas sa place dans cet hémicycle , il est vivement recommandé de se concentrer sur autre chose et de se transformer en scoreur assidu, sous peine de s’attirer à nouveau les foudres des préposés au bien se conduire, .soldats du devoir et gardiens de la discipline venue du nord.
Puis vient l’heure du repas et çà c’est toujours un moment à part. Les buffets espérés festifs sont le plus souvent froids ( sans doute pour éviter qu’on s’y attarde ). C’est là, la plupart du temps que les langues se délient, chacun y allant de sa narration personnelle, vantant ses propres performances. Et pour ceux dont le détachement et l’égo en veilleuse permettent l’autodérision, le moment de raconter hilares leurs manquements les plus spectaculaires. Une fois repus, tous s’en retournent dans cet univers cotonneux, ou le discret le dispute au feutré, certains velléitaires somnolents trouvant le moment propice à une sieste réparatrice, vielle habitude toulousaine si j’en crois les anciens.
Les jeux s’enchaînent à un rythme plus soutenu car les joueurs encore en lice sont les meilleurs du moment et désormais pressés d’en découdre. Et pour paraphraser Christophe L. dans un documentaire sur les Highlands : il ne doit en rester qu’un, bordel (je cite de mémoire……)
On est tenté de se demander pourquoi tant de sérieux et d’application lors de ces joutes dont les règles semblent complexes. Finalement et comme toujours, là encore, il suffit de gagner pour être le vainqueur. C’est finalement si simple……….
La remise des prix reste un moment particulier, partagée par de rares privilégiés, ceux qui ont trouvé plutôt facilement dans leur qualification la motivation nécessaire pour rester jusqu'à la fin des jeux, accompagnés de quelques rares passionnés du métal planté dans le mur. Là encore la joie reste contenue, et les éclats ténus, et ils faut avoir l’,,il exercé pour saisir l’intensité du bonheur qui étreint les vainqueurs. La présence de groupies est toujours rare même si elle est ardemment souhaité par la gent masculine largement majoritaire, mais elle est moins rare que les hypothétiques spectateurs que l’on espère pourtant à chaque fois mais dont l’absence ne surprend jamais.
Les poignées de mains et les adieux ne s’éternisent jamais tant chacun est pressé de rapporter dans ses foyers la narration d’un bonheur incommensurable, toujours accompagné d’un précieux nectar régional, symbole d’une victoire si chèrement acquise.
Et comme pour démontrer l’attente générée par ces duels sans merci, il n’est pas si rare dans la semaine d’entendre de-ci de-là quelqu’un demander à la cantonade :
Alors qu’est-ce qu’on fait dimanche, y a pas un open, bordel ?(là aussi je cite de mémoire)
LC
F.D.L.C.
Seul la mauvaise foi m’accompagne………… !
Mais avec toute la délicatesse dont je me sais capable.